¡Uno! ¡Dos! ¡Tré! de Green Day

Bon, je vais donc tenté une critique, ou plutôt un feedback personnel sur ce triptyque d’album du trio (quatuor ? Depuis que Jason White est crédité au groupe aux côtés de Billie Joe Armstrong, Mike Dirnt et Tré Cool…).
Alors pour resituer le contexte, Green Day annonce la sortie de 3 albums ¡Uno! ¡Dos! et ¡Tré! en trois mois, la sortie de ¡Tré! ayant été avancée pour compenser l’annulation des concerts suite au pétage de plombs de Billie Joe, pourquoi j’en parle ? Pour la légitimité de produire de bons albums en si peu de temps…bon alors à ça je répond simplement, sortie ne rime pas toujours avec composition/enregistrement et ensuite, faut arrêter, c’est largement faisable, suffit d’être inspiré et d’avoir une entente avec le groupe bien huilée.

Enfin…alors pour l’idée exprimée par le groupe, il y a une signification à ces trois albums, ¡Uno! est dans l’ambiance d’avant soirée/fête, ¡Dos! nous plonge dans la dite soirée et ¡Tré! accompagne la fin, les conséquences (de ce que j’en ai pigé).

Bref, musicalement parlant :

¡Uno!

Pour moi le moins bon des trois. Pop/Punk, un son faible disto, énergique, mais je trouve aseptisé, sans grande âme.

L’album commence avec « Nuclear Family », bonne entrée en matière j’ai envie de dire, il bouge (tant mieux), un peu l’odeur de « Know Your Enemy » du précédent album. Il y a bien un solo, ok, à l’image du morceau: sans passion.

Après on est sur la même ligne…certains s’en détachent un peu comme « Let Yourself Go » qui ressemble un peu à leurs débuts, du jus non stop et des coeurs bien pensés, « Kill the Dj » qui suit s’en sort bien en changeant de rythme, un genre de Ska/pop qui groove ce qu’il faut sans trop en faire, « Troublemaker » aussi a sa petite touche propre, un son plus lourd l’aurait fait basculer Punk ou Hard Rock puis « Oh Love » qui fonctionne plutôt bien, il faut être patient mais le morceau est suffisamment bien amené/dosé pour qu’on le laisse conclure l’album.

A contrario de morceaux comme « Sweet 16″, « Carpe Diem » ou « Loss of Control » où on sent les mécaniques usées, pas de génie, pas de petit plus…bref j’ai toujours la petite envie de passer au morceau suivant.

A replacer dans le contexte, Green Day a fait mieux mais ça reste un album largement écoutable pour un groupe dans ce registre et cette popularité.

 

¡Dos!

Un son un peu plus « crade », un peu plus de groove, de vie, voilà ça redonne foi !

On commence avec le court « See You Tonight », un Simon and Garfunkel like en sommes, posé, deux voix qui dansent et une guitare, simple mais bon, ok go pour la suite.

« Fuck Time », voilà ! Une intro accueillante, des pré-refrains Rock’N'Roll au parfum disto, un solo sur le même ton et voilà, on danse enfin ! Je sais bien que c’était thématique mais pourquoi ¡Uno! avait pas joué dans cette efficacité plus souvent ?

L’intro de « Lazy Bones » ne ressemble pas beaucoup à du Green Day mais j’adore quand même, je rajoute que tout le morceau me plait beaucoup, ça dose bien mélodie et puissance, une pause, le solo toujours accompagné des cœurs affirmés, ça repart puis nouvelle pause, « Wild One » sorte de deuxième partie, arrive sous les mêmes accords et mélodie, le rythme en moins ^^ Et là on part plus pour une balade disto, sans génie certes mais très cohérente dans son rôle au sein de l’album.

« Stray Heart » me semble être l’un des morceaux qui se détache le plus. Popinard, groovy, mélodieux, il nous ramène quelques décennies en arrière avec un son plus sale, what else ?

« Lady Cobra » envoie du lourd, et se paye le luxe de très bien faire le job avec un minimum d’accords (parfait pour du live).

La suivante change carrément, sur un son R’N'B, « Nightlife » se la joue porno avec des interventions peu farouches à la voix suave (diable ! Cachons les enfants !), mais bon là en revanche ça colle parfaitement avec le thème de l’album. Le morceau en lui même est pas si mal, il s’écoute facilement.

En voilà un titre qui s’assume : « Wow! That’s Loud » et oui un bon power pop qui ne chôme pas, mené par une lead (ne traduisez pas en Anglais s’il vous plaît) qui ne se prend pas la tête et c’est ce qui est bon, on a pas le temps de réfléchir, on nous balance les accords et c’est marre (si on excepte le break de milieu de morceau qui reprend sur le même jus).

J’ai été un peu surpris en écoutant « Amy » pour la première fois, honnêtement, plusieurs choses, il m’a tellement fait pensé à du bon Beatles que j’ai été déstabilisé sur des passages, ensuite, on s’attend à ce qu’il « démarre », un coup de batterie, une basse qui soutient ou des cœurs qui accompagnent discrètement, Que nenni, mais en même temps, pendant qu’on attends ce démarrage, on est heureux, le morceau est appréciable, nature et pourrait continuer le double du temps sans problème. Bon après c’est un hommage à Amy Winehouse…on aime ou pas, je ne trollerais pas sur elle dans une critique d’un album de Green Day, disons que c’est un peu people et ne touche pas à l’album musicalement parlant.

 

¡Tré!

Le meilleur premier morceaux des 3 albums,  » Brutal Love » a tout, sauf du blast et des pancakes mais ça on s’en fou. Une progression classique mais de grands plus comme la mélodie chant, les cœurs, et les différentes interventions de cuivres, il vient de nul part mais 4mn54 de bonheur en se laissant emporter et en se disant que…oui ¡Tré! prend le bon élan de ¡Dos!.

Musicalement, « Missing You » n’a pas grand chose d’extra mais ça marche quand même, du simple bien dosé a toujours si plaire.

La fraicheur de « 8th Avenue Serenade » confirme un peu la température de l’album, une lead gentillette donne sa vie au morceau.

Où est la pêche ? C’est le 4ème morceau et toujours pas de violence…et bien on attendra sans se plaindre parce-que « Drama Queen » a du génie (bon on n’abusera pas non plus), au sens mélodie, feeling, une bonne balade comme les meilleurs de Green Day (« Macy’s Day Parade » sur Warning, « Whatsername » sur American Idiot ou encore « 21 Guns » sur 21st Century Breakdown),ça donne envie de chanter, de se balancer en jouant de la gratte, bref d’écouter et de savourer.

« Walk Away » tire son épingle du jeu également à son échelle mais c’est notable quand même, un peu sur un même fil tout le long mais un fil épais qui ne cède pas, ok pourquoi pas.

Que dire de « Dirty Rotten Bastards », un genre de copie d’hymne de stade, le « Jesus of Suburbia » de l’album en moins bon (enfin la comparaison aide pas). Un morceau très sympa.

On passe le pourquoi du comment de « The Forgotten » médiatiquement parlant…mais c’est (encore) une belle balade du groupe, plutôt piano ce coup ci avec de multiples arrangements (cordes frottées si je ne m’abuse), de belles mélodies (à différents plans), un petit solo qui rappelle assez « Tuesday Gone » des Lynard Skynard, c’est à l’eau de rose mais ok moi je prend quand même, c’est là qu’on se dit, bon cet album, sympa, je l’ai parcouru avec plaisir mais sans trace de punk ou de violence, et là…soit on se dit « merde, quelle arnaque » soit on se dit « Bien joué les gars, beau challenge », je fais clairement parti de la deuxième catégorie.

 

Donc en bref, 3 albums, un premier mitigé sans âme, un deuxième efficace et un troisième tout autant dans un registre plus calme. Au final merci à Green Day de nous balancer 3 nouveaux albums pour attendre le(s) prochain(s), il y a de quoi faire/écouter. Je regrette le son plus mature de « 21st Century Breakdown » mais dans l’idée tout est quand même là.